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  La puériculture dans le Midwest des Etats Unis
 

Parenting strategies for young children in the Midwest of  the United States.


Martin Maldonado-Durán MD
Family Service and Guidance Center
and Kansas State University
325 Frazier, Topeka  Kansas
66604  USA.
 
 Marta Morales-Kennedy RN
Breastfeeding Clinic
Stormont Vail Health Care,
Topeka, Kansas
 
Charles Millhuff DO
Family Service and Guidance Center
Topeka, Kansas

Velissarios Karacostas MD, PhD
Cincinnati Children’s Hospital and
University of Cincinnati

(ce travail sera publie par la Revue Devenir  dans le prochain numero de 2004)

 
I wish you could dress yourself...

Je souhaite que tu puisses t’ habiller seule...
 (Mère d'une fille nouveau-née)


L'expression ci-dessus été entendue par un des auteurs dans le service d’ accouchements d’un hôpital public. La jeune mère venait d’avoir son troisième enfant, le jour précédent. La fille nouveau-née était dans un petit panier à côté de sa mère, laquelle était en train de préparer le bébé à sa sortie de l'hôpital,  en habillant la petite fille de vêtements tout neufs.

Le vœu « Je souhaite que tu puisses t’habiller seule... » a attiré notre attention. En principe, il reflète simplement l'expression d'un désir émis inconsciemment, et  exprimé en plaisantant à moitié. Cependant, nous pensons  que cette phrase, si elle est prise  au sens littéral, reflète une tendance culturelle que nous observons très fréquemment dans la région des Etats-Unis où nous vivons.

Introduction

Nous présentons ici certaines stratégies observées le plus généralement pour le soin des enfants en bas âge dans les familles avec qui nous travaillons et nous agissons chaque jour.

Il y a trois raisons principales pour décrire ces pratiques de puériculture: l’une est la nécessité de prendre un point de vue transculturel. Il y a de nombreux compte rendus des croyances à propos de la santé, des stratégies  parentales et des rituels dans les peuples  dits « primitifs » ou dans des groupes ethniques spécifiques. Habituellement, l'anthropologue ou le psychanalyste se familiarisent  avec une culture locale exotique donnée. Il fait des observations et ses informateurs évoquent  la signification et le but d'un certain nombre de pratiques, qui peuvent sembler étranges ou peu communes au premier abord. Cependant, ces pratiques ont une raison d’être et une explication, qui n’est  donnée que lorsque la confiance s'est suffisamment développée entre les personnes: la signification et le but des pratiques ou des croyances est alors revélée.

De la même façon, dans ce travail nous adoptons une position « du dehors » pour décrire et comprendre les idées et croyances parentales généralement observées dans le Midwest des USA. Habituellement, les membres d'un groupe culturel donné ne remettent pas en cause leurs propres pratiques et leurs idées, parce qu’ils sont considérés comme « normales » ou évidemment logiques et sans avoir besoin d'explication. Comme des poissons dans l'eau, les gens tendent à ne pas voir leur propres croyances et  leurs coutumes comme ayant besoin d'une explication, car ils sont ce qu’ils sont. Ici nous essayons de décrire plusieurs  de ces pratiques des soins du petit enfant et de comprendre leur signification dans une société donnée, mais vu du « dehors ».

La deuxième raison qui motive notre description est qu’ une partie de ces pratiques de soins, de ces croyances ou même de ces conseils pour élever les enfants sont devenus rapidement très populaires, divulgués et « exportés »  auprès de membres d'autres groupes culturels et  d’autres pays. Beaucoup de ces croyances et pratiques sont justement des croyances, mais elles sont souvent présentées comme « basées sur la science », ou comme plus efficaces, plus modernes,  plus avancées ou  plus scientifiques parce qu'ils sont tenus par des personnes d'une culture dominante. Nous remettons en doute la base scientifique de certaines de ces prescriptions et de ces suggestions. Plusieurs de ces pratiques des soins des enfants sont aisément exportées, par exemple des USA vers les pays du tiers monde, par les traductions de livres et des publications pour le grand public. Une grande proportion de ces conseils est applicable seulement aux Etats-Unis, mais peut ne pas être utile (ou même  pourrait être inutile) dans d’ autres cultures. Avec la progression de la  globalisation  des économies, le divertissement, les valeurs et croyances, des pratiques des soins des enfants  sont également aisément exportées et favorisées comme plus scientifiques, modernes ou  plus avancées.

Troisièmement, comme les Etats-Unis sont devenus de plus en plus une société multiculturelle (plutôt qu'un creuset, un melting pot) les cliniciens ont à faire face  à des plus en plus de familles immigrées avec des jeunes enfants. Ces immigrés peuvent tenir à des valeurs et à des pratiques traditionnelles pour élever leurs enfants, même si ces pratiques peuvent sembler relever du passé, être « primitives », ou trop différentes de celles qui sont répandues aux Etats-Unis. Parfois, des cliniciens ( infirmières, pédiatres et les professionnels de santé mentale) avec les meilleurs intentions, donnent des conseil et des recommandations qui peuvent être tout à fait nouvelles, apparaître étranges et très peu applicables pour ces familles immigrées.

En bref, il existe plus d’une façon d’élever les enfants, et pas seulement une forme correcte, unique, et ‘scientifique’.
Récemment une infirmière se disposait à faire  sortir une jeune mère et son nouveau-né prématuré du service de  soins intensifs néonatal, avec retour à la maison. Les parents étaient des immigrants issus du Guatemala qui avaient vécu  en ville  depuis environ deux ans. L'infirmière a demandé à la mère où le bébé allait dormir. La mère a dit :  «naturellement il dormira dans mon lit, avec moi » il y eut un long silence, et un geste de  désapprobation de l'infirmière: « Eh, bien, ici  aux Etats-Unis nous nous ne recommandons pas cela ...les enfants doivent  dormir dans leur propre lit et dans leur chambre ».

Il est important de se demander ce qui pourrait être l'effet de certaines stratégies parentales que nous décrivons ici sur le développement émotionnel et social des petits enfants, sur leur capacité à compter sur quelqu'un d'autre, et  à espérer d’être aidé quand ils en  ont besoin.

Les avis et  les pratiques  de puériculture dans le Midwest des USA, et leur corrélation avec des thèmes culturels

Le Midwest des Etats-Unis  est de définition imprécise, et comprend plusieurs états : au moins le Kansas, l’Iowa, l’ Illinois, l’ Indiana, le Colorado. Bien sûr, chacun a sa propre histoire et ses traditions , ce qui rend chaque état différent des autres. Cependant, il existe certaines caractéristiques communes entre ces états, et avec l’ensemble des Etats-Unis. Il y a un certain nombre de valeurs traditionnelles qui sont tenues en haute estime par la plupart des personnes qui fréquentent notre services. Il est clair qu'il n’existe aucune « culture du Midwest » isolable en tant que telle, et qu’ il y a une considérable variation des avis et des pratiques entre les familles. Nous nous concentrerons ici sur certains thèmes culturels qui semblent le plus largement approuvés.

Les thèmes culturels

  Il y a une prédominance de familles d'origine  Euro-américaines, dont les ancêtres sont venus d'Angleterre, d'Irlande, d'Allemagne et de Prusse, entre autres. La majorité des personnes sont de religion chrétienne, et la plupart sont protestants. Bien qu'il n'y ait pas une vue  absolument uniforme du monde, les thèmes et les valeurs importants sont :  la dévotion au travail, la frugalité, l'honnêteté et l'indépendance,  tous aspects de ce qui s'est appelé  « l’éthique Protestante ». Les gens sont aimables entre eux, et ont plaisir  à 'être autosuffisants, à survivre par leurs propres moyens, et ils valorisent beaucoup l’indépendance et l’ individualité. Ces valeurs sont mélangées avec les impératifs socio-économique du capitalisme, comme la concurrence, la poursuite du succès économique, la nécessité de « vendre » ses capacités, son travail, ou sa personnalité sur le marché. Ces thèmes sont importants parce qu'ils déterminent dans une certaine mesure ce que des parents veulent pour le futur de leurs enfants, leurs inquiétudes au sujet de la façon dont  les enfants feront face aux demandes de la société moderne, et le souhait de leur donner les outils  indispensables pour s'adapter à ces réalités.

Au début du XX ième siècle, il y existait deux figures importantes dans l'assistance aux des parents pour élever leurs enfants. L’ une était le Dr.Emmet Holt, un pédiatre qui a écrit un certain nombre de livres sur la santé des enfants. L'autre était John Watson, un psychologue comportementaliste qui publia un grand nombre de « prescriptions » sur les manières appropriées d'élever des enfants. Leur conseil est très semblables. Bien que ces auteurs aient écrit il y a de nombreuses d’ années,  nombre de leurs recommandations et idées sont  encore importantes actuellement.

Croyances et pratiques des parents

 « La plupart des conseils pratiques qu’on peut donner à l'infirmière ou à la mère est de laisser le petit enfant apprendre aussi rapidement que possible à faire tout par lui-même » (Watson, 1928)

Être fort et prendre soin de soi même

Pour un observateur situé à l'extérieur de la culture prédominante, certaines des croyances et pratiques adoptées par beaucoup de parents sont basées sur le désir que leurs enfants soient indépendants, et par la suite autosuffisant aussitôt que possible. Contrairement aux coutumes d'autres cultures, il y a l’ espoir que les enfants partent de la maison autour de l'âge de 18 ans, pour poursuivre leurs études ou pour travailler. Ainsi, si les enfants doivent être autosuffisant ou « vivre seuls » peu de temps après l'âge de 18 ans, les parents  se soucient de les préparer  à cette étape. Tant que les enfants sont très jeunes, il y a des espérances pour l'indépendance le  contrôle de soi et la responsabilité, toutes choses qui peuvent sembler prématurés à ceux qui sont extérieurs à cette culture. Être fort est une valeur très importante, qui peut également s’exprimer en  termes d’ être « dur » , c’est-à-dire d’avoir beaucoup de résistance à l’adversité, sans réaction trop manifeste .et trop évidente en face des ennuis.

Mme. M. une femme âgée de 23 ans vient  à un groupe de soutien émotionnel de parents, avec sa petite fille de deux mois, Arielle. Dans une séance,  plusieurs membres du groupe  évoquent la question du comportement des enfants et la façon de faire avec les pleurs des bébés.

Mme. M. dit alors que sa petite fille a des épisodes de colères. Elle est très désireuse de parler de  la façon de la discipliner. Mme. M. dit qu’elle devrait en finir bientôt avecces épisodes, parce que la petite fille pourrait devenir gâtée si elle la laissait  avoir ces crises. Quand d'autres femmes lui disent que, peut-être, Arielle était trop jeune pour être « disciplinée », la  mère  indique qu'Arielle doit apprendre à se commander elle même , même si c’est à la manière forte. Elle craignait que si on lui permettait de faire ce qu’elle voulait, elle risquerait de devenir « lâche ».

Plus tard, la mère a pu parler de sa propre histoire ; elle a évoqué des déceptions multiples dans son enfance et la façon dont elle a dû être très dure avec elle même pour faire face aux multiples ruptures d'attachement, aux placements dans les familles adoptives, et à un emprisonnement pour vol.

Ce désir d'être fort est exprimé de nombreuses manières. Un enfant en bas âge tombe sur le plancher en essayant de marcher, et pleure. Le parent peut lui dire de se lever rapidement, et de ne pas pleurer parce qu'il doit être fort. Un petit enfant  reçoit une punition qui est supposée être la « conséquence logique » d’une transgression, et en dépit de sa détresse, le parent juge que l’enfant doit supporter complètement cette punition pour pouvoir tirer profit et apprendre de son erreur.

Apprendre de ses erreurs est une valeur culturelle très importante : les parents sont très désireux d'enseigner à leurs enfants les conséquences de leurs actes, dés le début de la vie :

Alex a deux ans. Il est amené pour une évaluation de santé mentale par sa mère  d’accueil, qui  vit avec cet enfant depuis environ six mois. Le clinicien essaye d'évaluer la qualité du rapport entre la mère d’accueil et le petit enfant. Quand Alex joue dans la salle de consultation, il se salit les mains avec de la pâte à modeler. La mère l’emmène à la salle de bains pour se laver les mains. L'enfant fait des tentatives de pour ouvrir le robinet d'eau chaude et met ses mains dessous. Le clinicien avertit la mère que l'eau est trop chaude, et que l'enfant pourrait être brûlé. Elle empêche le  clinicien d'interférer avec l'ouverture du robinet par l'enfant. Elle explique que l’enfant doit apprendre par expérience directe ce qui se produit quand on ne demande pas l'aide et qu’on ne sait pas ce que on fait. Le clinicien s'en mêle quand même,et dit à l'enfant que l'eau serait trop chaude ; il ouvre les deux robinets simultanément, afin d'obtenir une température modérée. La mère substitutive semble très frustrée.

Les bébés et les jeunes enfants peuvent être considérés comme des êtres angéliques et innocents, ou de l'autre côté, comme des êtres primitifs, remplis d’ inclinations négatives (Keller, 2003),  tendances qui doivent être modifées ou éliminées afin qu’ils deviennent bons (Stork, 1986). On  considère l'enfant en bas âge comme ayant des inclinations au mal et à la corruption qui peuvent être corrigés seulement par une éducation stricte (Elllison, 1996). Par conséquent, l'enfant doit être aidé à surmonter ses inclinations négatives, et à les substituer par d’autres plus sociales ou  plus acceptables. Une enqête récente de l’organisation Zéro à Trois ans (Zero to Three. National Center for Infants and Families, Centre National pour Nourrisons et Familles ,www :Zerotothree.org)  a montré qu'une proportion significative des parents croient toujours qu'un nourrisson très jeune, dans les  premiers mois de la vie, ne devrait pas être porté quand il  ou elle pleure, en raison du danger de gâter le bébé. La croyance fondamentale est que le bébé pleurera de plus en plus , pour ’être porté, si on réponds à ses demandes. Beaucoup de parents s'inquiètent du risque de répondre trop vite aux demandes d’ un très jeune enfant : ils ont  peur que l'enfant ne demande de plus en plus d’attention et des soins, et  ne transforme ses parents en esclaves.

Récemment, la mère d'un enfant en bas âge a appelé par téléphone un des auteurs à son domicile parce que son fils «crie  de toutes ses forces , depuis à peu près un demi heure. Il  voulait que sa mère lui lise une troisième histoire avant d’aller au lit. La règle de la famille était que deux histoires seulement pouvaient être lues avant le coucher, et l'enfant en a voulu ce soir une troisième. C’est pour celà qu’il pleurait. Le clinicien a demandé à la mère ce qui se passerait si elle ne lisait pas une troisième histoire. Elle a dit que le garçon continuerait à crier pendant une heure. Le psychiatre lui a demandée ensuite ce qui se produirait si elle lisait l’histoire, elle a dit que son fils serait très heureux et qu’il irait à dormir bien ensuite  après. Quand le clinicien a suggéré qu'elle pourrait lire une troisième histoire, la mère s’est fâchée. Elle a dit q’ il était très important de maintenir les habitudes et, qu’elle devrait respecter absolument toutes les règles : elle craigaint que si elle était trop souple sur ce point, elle ne perde alors tout contrôle sur son fils.

 Nous allons maintenant décrire quelques unes des stratégies de soins communément observées dans notre pratique quotidienne, leur possible raison d’être, et leur relation avec la dimension culturelle .
 

Les contacts physiques

Traitez-les comme s'ils étaient de jeunes adultes. Habillez-les, baignez-les soigneusement ,et avec circonspection. Que votre comportement soit toujours objectif et soyez  gentiment ferme. Ne les étreignez pas,  ne les  embrassez jamais, ne les laissez jamais q se reposer dans votre giron.. Si vous le devez, embrassez-les une fois sur le front

(Watson, 1928)

Par comparaison avec les cultures traditionnelles, on observe ici relativement moins de contact physique direct entre un bébé et ses parents. Egalement, les parents tendent à ne pas porter l'enfant aussi longtemps. Habituellement, le bébé est porté dans les bras de façon intermittente, plutôt que de manière prolongée. Plusieurs observateurs ont noté la différence dans la durée du portage et des contacts physiques entre les sociétés traditionnelles et les sociétés dites plus modernes (Barr et al, 1991. Bensel et Haug-Schnabel, 2003. Lee, 1994. St-James Roberts, et al, 1994). Un grand nombre de bébés passent un temps prolongé dans les « Baby Relax» ou dans des sièges pour voiture, ou dans une balançoire, et passent beaucoup de temps devant la télévision. Souvent, les parents portent leur enfant dans un porteur de bébé, plutôt qu'en contact direct avec leur corps. La nuit, l'enfant en bas âge s’endort tout seul (Ferber, 1986). Dans les crèches , les soignants sont avisés de ne pas trop toucher les bébés, de crainte des accusations d’abus sexuel de l’enfant. En outre, les puéricultrices conseillent aux enfants de ne pas  trop se toucher entre eux : on leur dit souvent de « garder leurs mains pour eux mêmes » , en dépit de l'évidence éthologique de l'importance du contact phhysique pour le développement de l’enfant (Eibl-Eibesfeld, 1999). Quelques auteurs ont établi une relation entre le manque relatif de contact physique et des problèmes comme l'agression (Field, 1999, 2002). Tiffany Field et son groupe , à Miami, ont comparé la fréquence des contacts physiques entre les enfants de maternelle dans deux centres, l’un en France et l’autre aux USA. Field trouve une fréquence plusieurs fois plus élevée de contact physique chez les enfants français. En même temps, il y a une fréquence plus élevée des épisodes de conflit et de l'agression entre les enfants en maternelle aux USA par comparaison avec ceux de France. La même chose a été notée en comparant des adolescents dans les deux pays, observés dans un restaurant d'aliments de type ‘fast food’ (Field, 1999. 2002).

Aux Etats-Unis, beaucoup de parents travaillent pendant de longues heures et sont très occupées. Dans ce pays, il n' existe aucun congé de maternité (ou de paternité) payé, comme dans beaucoup de pays européens. Le congé de maternité moyen est de six semaines et il n'est pas nécessairement payé. Par conséquent, les parents  qui travaillent doivent en plus faire face aux travaux domestiques, à la cuisine, etc. après une longue journée dans leur lieu de travail. Ils essayent de trouver des moyens de réconforter leur enfant, tel que des  balançoires, des jouets électriques, des ordinateurs pour enfants, des vidéos,  afin de que l'enfant s'amuse par lui même sans exiger de contact physique avec les parents ou demander de l’attention en face à face. Il faut se rappeler que jusqu’au début du XX ième siècle, le conseil pédiatrique habituel aux Etats-Unis (par exemple dans livre célèbre du Dr. Emmet Holt pour des parents) était de ne pas toucher les enfants à moins que ce ne soit absolument essentiel. Le contact devrait être limité à changer les couches-culottes, ou pour changer la position du bebé. On ne devrait pas jouer avec les enfant avant l'âge de six ans environ, de peur que les enfants ne soient trop stimulés. Le psychologue comportementaliste John Watson donne des recommandations semblables concernant cette question. Ces admonestations peuvent encore se percevoir dans la manière dont beaucoup d'enfants en bas âge sont approchés par leurs parents.

En dépit de cela, un certain nombre de nouveaux parents semblent intéressés par le massage ides jeunes enfants (si on leur offre de l'apprendre),dans la mesure où il n'est pas pratiqué dans leur famille d’origine, par contrast avec l’habitude en d’autres cultures. Le contact physique peut avoir un effet positif et calmant sur l’enfant, diminuant l’agression et favorisant la régulation physiologique (Field, 2000). Dans notre clinique de santé mentale, beaucoup de parents sont heureux d’apprendre l'importance du contact physique et sur la possibilité d' employer le massage pour calmer le petit enfant et pour développer une relation d'intimité avec leur lui. Quand le professionnel « donne l’autorisation » aux pères de faire cela, beaucoup de jeunes parents se montrent désireux d'avoir un contact physique plus étroit avec leur enfant. En outre, le massage infantile peut avoir des effets positifs pour les parents eux-mêmes et pas seulement pour le bébé, comme le montrent plusieurs études indiquant l'amélioration de la dépression maternelle par la pratique du massage avec le bébé (Glover et al, 2002).

Une autre différence avec les sociétés traditionnelles est que les parents aux USA tendent à employer des formes plus « distantes » de communication, par exemple visuelle ou auditive (en parlant plutôt qu’en chantant ou en berçant) avec leur enfant en bas âge. Beaucoup de parents, par exemple, disent  « arrête » (stop) ou « non » quand le petit enfant est sur le point de toucher quelque chose de fragile, ou d'ouvrir une porte ou de mettre en marche la télévision ou le magnétoscope, même à un enfant dans la première année de la vie. Trop souvent, un haut niveau de contrôle de soi est demandé de  la part du très jeune enfant. Les parents tendent à employer moins de contact corporel, comme de porter l'enfant dans les bras, et cherchent plutôt à  réorienter son attention vers autre chose ou à engager leur enfant dans un jeu mutuel. L’ idée est que l’enfant observera la remontrance verbale, mais en fait le petit enfant n’a pas l’auto contrôle nécessaire pour le faire.

Les stratégies de discipline

Plusieurs revues de la littérature ont montré qu'une majorité de parents aux USA approuvent les punitions corporelles des enfant sous la forme de fessées, et ceci s'applique même aux enfants en bas âge (Maldonado-Duran et al, soumis pour publication). La punition corporelle est ainsi considérée comme nécessaire et utile (Nobes, 1997. Socolar, 1995. Straus et Stewart, 1999). Ceci s'applique également aux médecins, médecins de famille et pédiatres, qui également approuvent la fessée et peuvent la recommander aux parents. Ceci vient en opposition à d'autres voix, telles que celle de l'Académie Américaine de Pédiatrie, qui recommande de ne pas employer de punitions physiques à la maison ou dans les écoles en raison de ses possibles effets négatifs à long terme (Strauss, 1994). De nombreux livres sur les soins a aux enfants recommandent des solutions alternatives à cette stratégie, mais ceux issus d'une perspective « Chrétienne » , dans une interprétation littérale de la Bible indiquent que la discipline physique est nécessaire en tous les cas (Greven, 1991. Ellison, 1996). Par exemple, quelques manuels de soins du nourrisson recommandent de serrer les poignets du  bébé de sorte qu'il ait mal et  qu’il apprenne qu'il ne devrait pas faire une certaine chose, où à « frapper les jambes du bébé » dans le même but (Ezzo et Buckman, 1994, 1999. Elliman et Lynchent, 2000).

La question de la discipline physique est discutée avec vigueur dans la littérature aux USA, même pour les enfants en bas âge. Dans un aperçu récent réalisé dans un hôpital d’un centre urbain et dans une PMI, les chercheurs ont interviewé des mères au sujet de leur croyances concernant la discipline pour les enfants en bas âge (Socolar et Stein, 1995). Une majorité de parents (73%) avait  fessé ses enfants, âgés de un à trois ans.

Les preuves sont nombreuses quand aux effets négatifs des punitions corporelles, en particulier dans le long terme (Gershoff, 2002) , qui s’associent avec un comportement agressif, la possibilité d'abus de l’enfant,  le manque d'internalisation des moyens non-violents de résoudre les problèmes (Graziano, 1996). Les parents aux USA expriment souvent leur crainte que l'enfant « échappe aux conséquences »  après une infraction, sans être puni. La punition est un thème important de cette culture: si une infraction n'est pas punie, elle pourrait  donner lieu à un problème plus grave.

D'autres stratégies employées généralement par des parents, recommandées par des pédiatres et approuvées par beaucoup de professionnels de santé mentale sont purement comportementales dans leur orientation (Christophersen, 2002). Plusieurs livres recommandent actuellement des stratégies très simples sous la forme d’un barème de  punitions pour des transgressions spécifiques de la part de l'enfant (si l'enfant fait une certaine chose, alors le parent le punira d'une telle manière). Une de ces stratégie est de « compter  jusqu’à trois »  (Davis, 1996) avec la menace implicite (ou explicite) que si le si le parent compte jusqu'à trois, il y aura une punition pour l'enfant, s’il ne s'est pas alors conformé à la demande. La conséquence peut être  alors un  moment d’exclusion (time out) ou la menace d'une punition physique. Les stratégies comportementales sont tout à fait simplistes au sens que si l'enfant est puni, les parents se sentent soulagés et pleins d'espoir que ceci pourrait éteindre le comportement indésirable. Elles emploient un modèle comportemental  de renforcement négatif dans lequel le petit enfant apprendra à éviter  les conséquences défavorables (Adams Larsen, 2003). Malheureusement , ce n'est pas le cas avec beaucoup d'enfants, qui souhaitent rentrer en contact avec leurs parents de manière différente, peut-être parfois seulement de cette façon négative, si c'est la seule façon d’obtenir leur attention.

Le temps d’exclusion (time out) est largement utilisé par des familles et dans les crèches. Il a été pris pour acquis que la quantité de temps que l'enfant doit passer dans un  temps d’exclusion» devrait être d’une minute par année d'âge (Adams-Larsen, 2003), bien qu'il n'y ait aucune évidence scientifique que ce  soit approprié pour des enfants, et souhaitable ou efficace concernant le éveloppement émotional à long terme. Il  existe des indices qui laissent penser que ces ‘time outs’ sont en effet tout à fait stressants pour les petits enfants (Bugental et al, 2003) , et donnent lieu à une élévation du taux du cortisol dans le sang. Le temps d’exclusion est certainement effrayant pour quelques enfants. La technique est tout à fait artificielle, et c’est une manœuvre de mise à distance. Elle consiste à demander à l'enfant de rester assis sur une chaise donnée, sans en bouger, et sans interagir avec lui, donc en l’ignorant.  On conseille aux parents  de prolonger ce temps d’exclusion jusqu’au  moment où l'enfant est tout à fait calmé, ce qui peut prendre beaucoup de temps chez des petits enfants. Le « time out » peut être injustifié avec nombre d'enfants, mais il est largement appliqué et les parents pensent qu’il est inoffensif. Quelques auteurs (Christophersen, 2003) recommandent même donner autant de « time out’» que soient  nécessaires pour l’extinction d’un comportement indésirable, même si les parents « ont besoin » de donner la punition 30 ou 40 fois , si l’enfant sort de sa chambre, exemple au moment d’aller au lit !.

L'idée générale, dans les stratégies mentionnées ci-dessus, est d'enseigner des enfants à se contrôler le plut tôt possible, avec la plus petite intervention possible par ses parents pour moduler leur comportement. En d'autres termes, le parent commande, l'enfant l'obéit sans plus d'intervention de la part du parent. Dans beaucoup de familles et de centres de soins des petits enfants, il y a une grande insistance sur la conformité et sur l'obéissance de la part de l’enfant. Plusieurs des demandes de consultation dans la clinique avec professionnels de santé mentale se produisent parce que les enfants en bas âge ne se conforment pas aux demandes des parents  ou  des professionnels, parce  qu’ils désobéissent ou les défient. Le terme diagnostic de « Trouble oppositionnel et de défi » est de souvent employé à la légère, pour désigner des enfants qui pourraient être fâchés pour beaucoup de raisons justifiées, et manifester  ainsi leur colère en provocant leurs parents. Beaucoup de cliniciens (des pédiatres et même des professionnels de santé mentale) approuvent cette philosophie : l’objectif des interventions ou même des traitements est d'obtenir que les enfants obéissent et  qu’ils soient adaptés aux demandes des adultes et à c qu’ils se conforment, sans  nécessairement prendre en compte leur bien-être émotionnel à long terme.

Les stratégies pour l’alimentation

L’alimentation des petits enfants suscite des représentations culturelles très fortes. Les techniques d'alimentation infantiles sont transmises d'une génération à l'autre. Aux USA, l’alimentation de l'enfant en bas âge est en changement rapide, peut-être du fait des nouveaux développements sociaux.
Bien qu'il existe un très large accord parmi des pédiatres et les acteurs de santé publique sur le fait que l’allaitement au sein maternel est la meilleure solution pour le nourrisson au moins pendant la première année de la vie, dans la pratique quotidienne il y a de nombreuses barrières culturelles à sa mise en œuvre (Van Esterik, 2002)

D'abord, beaucoup de jeunes parents n’ont jamais vu réellement quelqu’un  allaiter un bébé. Dans nombre de cultures traditionnelles, les enfants voient leurs mères, leurs tantes, leurs voisines, pratiquer l’allaitement au sein d’une manière ouverte et sans dissimulation excessive. Jusqu'il y a à quelques décennies, beaucoup de mères aux USA considéraient que cette forme de lactation était trop primitive ou non scientifique, en particulier parce que par l’alimentation au biberon, elles peuvent mesurer exactement combien de lait le bébé a consommé. En dépit des efforts de quelques services de santé publique pour favoriser le sein maternel, beaucoup de nouvelles mères n'ont aucune idée de la façon de le faire. Dans beaucoup d'hôpitaux ,il y a des spécialistes appelés « consultants en matière de lactation », qui  essaient d’aider les mères avec les différentes techniques d’allaitement au sein, souvent sans beaucoup de coopération du personnel soignant (médecins et infirmiers).
En second lieu, dans pluisieurs hôpitaux américains, les compagnies commerciales qui produisent des formules de lait artificiel pour bébés sont  désireux de faire des « cadeaux », et donnent du lait en poudre pour commencer à alimenter le nouveau-né. Ainsi au cours des tentatives pour commencer à nourrir le bébé au sein, le lait en poudre est aisément disponible comme une alternative plus facile et gratuitement, du moins au début. Une fois que le bébé a commencé à être allaité au biberon, les chances pour l’allaitement  au sein maternel diminuent considérablement. Cette stratégie de vente décourage les nouveaux parents d'essayer ou de continuer l’ alimentation naturelle.

Dans beaucoup de services ou de lieux publics cette forme d’alimentation n’est pas encouragée. Par exemple, dans beaucoup de centres commerciaux (malls) les mères sont invitées à aller aux toilettes pour allaiter leurs bébés. Des personnes, dans ces lieux , peuvent  en effet se sentir choquées ou incommodées de voir un enfant au sein (Scott et Mostyn, 2003).

De plus, dans beaucoup de familles, le concept de « repas familial » a disparu. Il n'y a plus de temps pour manger tous ensemble, ou  pour avoir des échanges pendant le repas. Regarder la télévision tandis qu'on mange est très commun, et dans quelques familles, chaque membre de la famille peut manger devant sa propre télévision. En outre, beaucoup d'enfants en bas âge mangent seuls avant le reste de la famille. Ceci leur donne peu d'occasion de voir d'autres manger, de s'engager dans les échanges de nourriture, ou pour échanger avec l'un ou l'autre tout en mangeant.

En fait, les familles aux USA  suivent souvent un certain nombre de « règles pour manger » qui sont tout à fait saisissantes si on les confronte avec les habitudes alimentaires des sociétés encore traditionnelles. Par exemple, on conseille souvent aux parents (les médecins et les professionnels de santé mentale) de ne pas s'engager dans un jeu  avec l’enfant pendant les repas : il devrait être là seulement pour manger et pas pour jouer La crainte est que le jeu ne décourage l’enfant de manger, ou que l'enfant voudrait toujours jouer ou perdre le temps qui devrait être employé à manger. Ainsi, au lieu d'un échange social agréable, manger devient semblable au travail, ou se réduit à une action physiologique, l'acte d’absorber la nourriture, et cela ne devrait souffrir aucune distraction.

Il y a des règles additionnelles qui sont souvent observables dans les maisons, mais également dans les crèches et les maternelles.: il s’agit de ne « rien laisser sur son plateau» , ou de « goûter  au moins  de chaque genre de nourriture qui est servie ». Ceci signifie que l'enfant peut ne pas pouvoir quitter la table ou peut être puni s'il ne goûte pas un nouvel aliment au moins une fois. Ceci mène parfois à des batailles, et à des affrontements avec lui Les enfants qui sont particulièrement sensibles ou vulnérables en termes de fonctionnement sensorimoteur peuvent ne pouvoir pas faire face à ces règles.

Le sommeil

 « les mains mises sur le couvre-lit, un tapotement sur la tête, une bonne nuit silencieuse, les lumières et la porte fermée. S'il hurle, laissez  le hurler. Une semaine de ce régime vous donnera une heure de d’endormissement réglée  » (Watson, 1928)

Dans les magazines, comme dans la littérature professionnelle, il est généralement accepté qu'il est «idéal» pour le nouveau-né et l'enfant en bas âge de dormir séparé de ses parents, dans un lit et une pièce à part (Anders et al, 1992). Cependant, parmi les minorités (par exemple Latinos, Afro-américains et les peuples orientaux) et une proportion substantielle de familles blanches le  fait de dormir (Co-sleeping) avec l'enfant en bas âge est la pratique dominante. L'Académie Américaine de Pédiatrie a récemment approuvé la recommandation d'avoir les bébés dans des lits séparés de leur parents. Par contraste l’organisation UNICEF-UK a récemment recommandé que les bébés et leurs mères dorment ensemble (Blair, en cours d’impression). Dormir-ensemble est un facteur de protection contre le syndrome infantile de la mort subite , qui est une cause fréquente de mort des nourrisons dans les pays développés.

Dans notre travail quotidien, nous trouvons souvent des parents qui finalement « admettent » le fait que leur bébé dorment dans leur lit. Ils estiment qu'ils font quelque chose de mal, mais leur instinct parental les fait placer le bébé avec eux (Morris, 1995). Ils font des excuses, parce qu'ils ont lu et qu’ il leur a été dit par des parents plus âgés qu’il ne fallait pas le faire, entre d'autres parce que plus tard il sera plus difficile de fair dormir leur enfant dehors de leur lit

La pratique de mettre le bébé dans un autre lit ou dans une pièce différente est assez récente. Dans la majeure partie du monde, et certainement dans des pays du « Tiers monde » persiste le  fait de dormir ensemble. Ceci est basé sur des facteurs multiples: il est évident que dans beaucoup de maisons l'espace est réduit et les gens n'ont pas de pièces individuelles dans la maison. Une autre est la tendance éthologique de l'enfant en bas âge à dormir dans un contact de peau à peau avec la figure d’attachement. Il restent dans plusieurs sociétés un certain nombre de dangers réels pour les enfants en bas âge, animaux et prédateurs , qui exigent la surveillance constante par les parents. Si le bébé et la mère dorment dans le même lit, ceci facilite l’allaitement au sein maternel sans la nécessité que la mère sorte du lit à chaque fois que le jeune enfant a faim pendant la nuit (Radford, 2003).

Un sujet connexe est l’endormissement et les réveils pendant la nuit. La majeure partie de la littérature sur ces matières est en relation  avec l’objectif  selon lequel des enfants en bas âge doivent apprendre à s’endormir seuls, sans l’intervention des adultes. C'est-à-dire, comme Watson l’a suggéré il y a plusieurs décennies, on considère souhaitable que l'enfant en bas âge n'exige pas d’ intervention des parents pour s’endormir, et que s’il est réveillé pendant la nuit , il devrait se rendormir sans l’aide des adultes. C'est la recommandation offerte par les livres de grande diffusion sur le sommeil.

Les études du sommeil pendant la nuit suggèrent en effet, que  la plupart des bébés se réveillent quelques fois pendant la nuit et vont alors se rendormir d’eux-mêmes sans intervention de leurs parents (Minde, 2002). Ceci est alors pris comme soutien de l’idée que tous les enfants en bas âge devraient être capables de faire cela. Cependant, il y a des parents qui demandent conseil sur ce qu ‘il faut faire quand le bébé se réveille, ou pleure pendant la nuit, ou quand l'enfant en bas âge ne va pas dormir tout de suite, mais exige plus d'intervention. Le désir de favoriser l'autonomie et l'indépendance dans le bébé aussitôt que possible s’oppose à l’intention de prendre le bébé sur les bras,  à l’apaiser et le consoler. Quelques enfants en bas âge sont plus sensibles ou ont besoin de plus d'intervention que d'autres. Par exemple, les enfants qui deviennent facilement excités, qui ont du mal à faire des transitions entre les états de rêve et de réveil, et qui ont besoin d'une aide externe pour les aider à se calmer ou à dormir.

Les parents, dans beaucoup de sociétés traditionnelles ne trouvent pas gênant , bien au contraire, de bercer leur enfant pour dormir, de chanter, de parler ou de raconter des histoires pour induire le sommeil, ni  de le faire pour calmer l'enfant au milieu de la nuit. De même, beaucoup de parents dans le Midwest des USA pensent intuitivement que leur enfant en bas âge a besoin de plus d’intervention, mais estiment qu'ils pourraient altérer le développement de leur bébé s'ils ne suivent pas le conseil des manuels sur le sommeil.

 En résumé, beaucoup de pratiques de puériculture observées dans notre travail quotidien semblent mettre un lourd fardeau sur le dos des parents et des enfants en bas âge, qui peuvent  trouver difficile de répondre à ces exigences et à ces normes pour obtenir indépendance et autonomie. On craint la dépendance et l'interdépendance comme conduisant potentiellement à un état permanent d'abandon et d’invalidité dans l'enfant. Les parents et les professionnels valorisent l'indépendance et l’autosuffisance, et imposent cette façon de voir contre leurs tendances intuitives mêmes,  celles qui pourraient  leur dicter une pratique plus bénigne et tolérante pour  traiter les questions et les défis quotidians avec leurs enfants.

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